Kabuki-kabuku
Conception, chorégraphie, danse : Aya Sekoguchi
Création sonore : André Dion
Création vidéo : Tristan Alexandre

L’origine directe de la danse traditionnelle japonaise pourrait remonter à la danse kabuki-odori qu’une prêtresse Okuni initia de manière novatrice en 1603.
Effectivement, le terme kabuki est dérivé d’un verbe kabuku désignant alors un comportement extravagant, provocateur, et le kabuki était, au moment de naissance, une anti-thèse du nô qui était devenu un art officiel du gouvernement shogunal.
Néanmoins, de nos jours, le kabuki s’est fixé, conservé dans le cadre d’une ‘tradition’ construite au fil des siècles. Ce projet propose une ‘anti-thèse’ du kabuki, figé dans une répétition du passé, c’est-à-dire de créer un kabuki du kabuki, le double kabuki ; kabuki-kabuku.

Ce spectacle est inspiré par le mythe Dôjôji :

Une jeune fille, Kiyohime, avait pris au sérieux les paroles de son père qui, par plaisanterie, lui avait dit que le moine Anchin qui venait passer la nuit chez elle chaque année pour faire son pèlerinage lui était promis. Surpris par Kiyohime qui le presse de la prendre pour épouse, Anchin s’enfuit à la faveur de la nuit. Mais Kiyohime le poursuivit de toute son ardeur et après avoir traversé la rivière Hidakagawa, qui était extraordinairement gonflée, elle se rendit au temple Dôjôji, brûla la grande cloche ainsi qu’Anchin qui s’y était caché (928).
La légende rapporte qu’elle sechangea en un serpent venimeux en raison de la violence de sa passion...

En 1359, la cloche devait être restraurée, et lors de son inauguration, une danseuse-prêtresse apparut et bouleversa la cérémonie. On dit qu’elle était un fantôme de Kiyôhime, qui se transforma en serpent et fit descendre la cloche de force.
Cet incident a été adapté dans la pièce du théâtre nô Dôjôji (vers 1500), qui a donné ensuite la grande série du répertoire de la danse de kabuki à laquelle appartient Kyôkanoko Musume Dôjôji (1752), qui est un des chefs d’oeuvre de la danse kabuki.
Par ailleurs, ce conte a inspiré à Akinari Uéda les Contes de pluie et de lune (1768), qui ont été adaptés au cinéma par Kenji Mizoguchi (Contes de la lune vague après la pluie, 1953), et aussi par Yukio Mishima dans la nouvelle Dôjôji (1956).
Aya SEKOGUCHI www. aya-sekoguchi.com
Maître de Danse Kabuki (nihon-buyô, danse traditionnelle japonaise) Ecôle Nishikawa
Née à Fukuoka, au Japon. A l’âge de 7 ans, elle a commencé l’apprentissage du nihon-buyô, et en 1981, Nishikawa Senzô Xe, chef d’école (Trésor National Vivant), lui a attribué le nom de scène, Nishikawa Shimehiro, lui reconnaissant ainsi la capacité à enseigner le nihon-buyô. Depuis 1999, elle est dirigée par Nishikawa Yûko, fille aînée du chef d’école.
Instalée à Paris depuis 1998, elle a dansé dans de célèbres festivals ou grandes salles de spectacle d’Europe : Caixa Forum de Barcelone, Festival Eclèctic de Valencia, Festival les Orientales de Saint-Florent-Le-Vieil, La chapelle de Malaussène, Musée des Arts Asiatiques de Nice, Tournée en Catalogne avec la Xarxa de Musiques Catalunya (Banyoles, Torroella de Montgri, Sant Boi de Llobregat, et Vilanova i la Geltru), et Museé Guimet, etc.
Elle développe également des collaborations avec des artistes d'autres domaines : une performance avec le danseur contemporain dans un court-métrage Labrys diffusé lors du festival des Nuits Blanches de Paris 2010 ; une collaboration avec Ikebana (art floral) dans le spectacle Kokin – jadis et naguère – sous le haut patronage de l’Ambassade du Japon en France et de l’Ikenobô Tôkyô busôkai.
 

Top